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Soleil Gris.

21 Février 2011 , Rédigé par M.M.S. Publié dans #Solipsismes

    Il faut croire que je suis maudit. Mais cela me va bien, apparemment. Je produis de grandes choses dans cet état. L’on est ivre dans le bonheur comme on l’est dans ses misères. Seulement, alors que l’ivresse du bonheur peut être collective, et l’est peut-être toujours d’ailleurs, l’ivresse du malheur, au contraire, s’éprouve fatalement dans la solitude la plus absolue. Elle est égoïste, la bougresse, la misérable !  On me prend entière ou pas du tout ! Je vais vous prendre entière, madame, je n’ai pas le choix. Ou plutôt non, c’est vous qui me prenez entier. Mais je suis un menu bien fretin. Soyez bonne avec moi.

     Diable. Où aller ? Qui voir ? Nulle part. Personne. Alors savourons, savourons ! Trinquons. Délectons-nous en. Entre moi et moi-même, la symbiose est enfin trouvée : elle se fera  dans le rire que lancent dans la nuit les pirates aux jambes de bois, ces mille et un Long John Silver debout, et qui ne meurent jamais. Heureuse occasion. « Nous étions quinze hommes sur le coffre de l’homme mort… Et une bouteille de rhum. La boisson et le Diable ont fait le reste… »

     « Un homme, ça peut être détruit, mais pas vaincu. » Oui, Ernest ! Bravo, Santiago. Toi, t’es un camarade.

     La seule ivresse du monde qui mérite d’être vécue sur terre, c’est l’espoir, cette religion de l’humanité. Allons, allons.

     Voici le type d’articles qu’il ne faudra jamais que je réécrive. Jamais de morale. Jamais de pathos. Mais je me rassure en me disant que ce n’est pas totalement un morceau de morale, c’en est plutôt un de banal quotidien ; que ce n’est pas un bout de pathos, juste un bout de vous. Mais que voulez-vous ? La vraie méchanceté est l’art d’être sciemment contagieux…

     Quand sa fille, Catherine, a trouvé Albert Camus, alors dévasté par la polémique avec les tenants des Temps Modernes, Francis Jeanson et surtout Sartre, voici le dialogue, court et tragique, d’autant plus tragique qu’il fut court, qui s’engagea entre eux :

« Tu es triste, papa ?

-Non, je suis seul. »

     C’eût été moi, avec ma fille, en ce moment, j’aurais répondu la même chose. Puis j’aurais ajouté, entre mes dents, dans ma barbe, pour moi-même : « Mais tout le monde l’est sans le savoir. » Enfin, j’aurais pris ma fille dans mes bras, et nous aurions tué ensemble toutes les solitudes de ce monde. 

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Soda 08/03/2011 09:18


Erratum

*** "On ne subit pas la solitude on la reconnait ."


Soda 08/03/2011 00:54


Beau texte que voilà Momo ! 
La solitude ... Un bien grand mal ou devrais je dire un "grand mal bien"...
Comprends par là le fait que la solitude n'a pas pour moi qu'un coté négatif.
Comme le disait Hugo : "La solitude est bonne aux grands esprits et mauvaise aux petits. La solitude trouble les cerveaux qu'elle n'illumine pas... "
Personnellement, je pense que la "solitude choisie" est un échappatoire face à la réalité. On ne reconnait pas la solitude, on la reconnait ! Et là, quelle découverte ! 
Ne vient-on pas seul au monde? Ne le quitte-t-on pas armé de sa seule conscience? 
La solitude, notre meilleur compagnon,  lachement refoulé quelque part où on elle ne nous ferait pas prendre conscience de cette triste réalité... On est seul quoi qu'on fasse :) !

J'adoore ton style d'écriture by the way ^^ !!! 
 


Y£RS@N 27/02/2011 09:52


j'avoue aussi qu'on peut voir la solitude sous ces deux angles...la plus insupportable, celle dont redoute plusieurs personnes s'impose en notre quotidien; elle apparaît comme une nécessité,
contraire à l'autre version qui est comme une prise de conscience, faire un break dans l'évolution des choses pour mieux les analyser (voir où l'on va). dans ce cas, vous êtes vous même meneur de
cette solitude, mais à long terme, la tendance risque d'être renversé...c'est le seul passage de l'un à l'autre que je vois...


M.M.S. 26/02/2011 22:34


Oui, vous avez raison, on peut inverser les solitudes, ou du moins, les faire évoluer. Mais ce processus n'est pas très facile. Je ne sais même pas s'il dépend entièrement de nous... Peut-être que
c'est le temps qui le réalise pour nous... Merci de votre passage,et à bientôt.


pentaesilae 26/02/2011 10:05


La solitude présente des formes différentes. Celle, subie et douloureuse dont on n'a même pas la ressource de se plaindre; et puis celle qu'on recherche, qui peut être un repos, une façon de se
retrouver soi-même à l'écart des autres.
On peut transformer la première en deuxième parfois.