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Regards sur la presse sénégalaise.

5 Février 2013 , Rédigé par Mbougar Publié dans #Solipsismes

Il faut être optimiste: le journalisme sénégalais n’est que moribond.

 

Par un affreux instinct de survie ou par un étonnant goût du putride, il sursaute allègrement dans ses propres entrailles déversées, se meut avec volupté parmi les puanteurs de son cadavre renversé, respire goulûment un air vicié par ses propres exhalaisons. A l’agonie, il est aveugle à sa mort prochaine. Qu’une entité soit provisoirement sauvée de sa mort propre par sa faiblesse et son incompétence générales, que cette même entité soit tellement enlisée dans une indigence ambiante qu’elle n’en parvient même plus à se rendre compte de la gravité de son état, cela est plus qu’un paradoxe, cela tient du miracle : il faut croire que désormais, la bêtise qui ankylose n’est plus tellement différente de celle qui sauve. Mais pour combien de temps encore ? C’est la seule question qui vaut la peine d’être posée.

 

Evidemment, je ne suis ni journaliste ni médiologue. Ma légitimité pour tenir un discours sur le journalisme au Sénégal n’est que celle d’un consommateur, d’un lecteur, d’un spectateur, autant de sujets qui sont peut-être, sur ce sujet précis pour le moins, aussi –sinon plus- autorisés à l’évoquer sous un angle critique que les acteurs professionnels.

 

Le Sénégal, certes, a une presse. L’irrépressible multiplication, depuis une décennie, des organes et groupes de presse divers, les innombrables informations que ces organes brassent et relayent à la chaîne, le vertige que leur croissance exponentielle ainsi que les programmes qu’ils proposent crée désormais chez le consommateur sénégalais, la montée en puissance et la plus grande visibilité des média en ligne, l’implantation progressive de ces media sur l’ensemble du pays, des principales métropoles aux terroirs les plus obscurs et les plus reculés, l’accès de plus en plus commode, pour tous et de partout, aux informations et programmes qu’ils prennent en charge, sont autant d’indices d’une presse qui, pour autant que l’on parle de présence et de couverture territoriales, de qualité des réseaux de diffusion, et surtout de quantité, est florissante. D’entre tous les phénomènes et bouleversements dont ces dix dernières années ont été, au Sénégal, le théâtre et/ou le producteur, l’un des plus impressionnants et des moins analysés, sans nul doute, a été l’extraordinaire essor de la presse.

 

Le Sénégal, donc, a une presse. Mais cela n’est pas le plus important. Le plus important est d’examiner cette question-ci, la seule urgente : quelle est la valeur de cette presse ? Essayer de répondre à cette question, c’est se heurter très rapidement à un constat dont l’amertume n’a d’égal que l’implacabilité : ce pays a une presse, mais n’a pas de journalisme, ou s’il en a, en portion si infime, si sporadique dans l’océan de bêtise qui l’entoure, qu’il finit par y être noyé. 

 

La suite de l'article est à lire sur ce site.

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Mouhamed 19/06/2018 11:07

Bonjour, j'arrive pas à lire cet article. Le lien ne marche pas.