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Prolégomènes au "Mundus Muliebris", Texte I: Le Maquillage.

10 Juillet 2012 , Rédigé par Mbougar Publié dans #Mauvaise foi et autres méchancetés...

Note : La lourdeur de ce titre n’est pas la manifestation de quelque pédantisme de l’auteur, mais bien plutôt la marque de sa volonté d’être légitime, l’indice du sérieux de son étude, à laquelle il a consacré de longues heures de labeur, et sacrifié jusqu’à certaines heures qu’il consacrait d’habitude au football.

 

 

 

                                                                                   Introduction :

 

Ce monde aspire trop à la virilité. Il bande trop et pour un rien, éjacule dans un râle petit, et en oublie, dans ce lamentable et furtif état où la pensée devient un vide, de parler de ce qui est fondamental : de ces mystères qui enveloppent la beauté, en rehaussant son éclat des douceurs de l’inconnu. De la femme donc. La femme, en effet, est en ce monde l’une des choses essentielles, ou n’est rien. Cela va de soi. Mais si elle est essentielle, ce n’est pas tellement pour les charmes de son corps ou la complexe, incompréhensible, agaçante, délicieuse, malicieuse, sournoise, détestable ou agréable  manifestation de son instable psychologie, que pour l’univers qui l’entoure. L’univers féminin. L’univers de l’apparat. De la magie de l’artifice. Une constellation d’argent où chaque étoile mérite qu’on s’émeuve de ses feux, et qu’on l’évoque avec passion. De la femme naturelle à la femme parée, la transformation est si grande qu’Ovide eût sans doute été bien inspiré d’en faire cas dans ses Métamorphoses. Le mundus muliebris, « l’univers féminin », espace de la coquetterie féminine, on le sait depuis Baudelaire, doit être réhabilité et considéré. L’essence de la séduction est tout entière contenue dans les femmes ; c’est là, entre autres, ce qui fait le génie de leur sexe.

 

Il faut voir clair dans cet univers féminin. La tâche n’est pas aisée. Les contours du sujet sont flous, ses replis nombreux, ses couches épaisses et parfois graisseuses, ses sentiers tortueux, quelquefois non débroussaillés et emplis de surprises.

 

Un ami s’était, ici (à lire absolument !), dévoué pour nous éclairer sur la lingerie féminine. Cette partie était grave, c’est elle qui recouvrait le plus de difficulté, de bosses, de profondeur ; elle nécessitait agilité, délicatesse, minutie, doigté. Il fallait au moins le talent, la finesse et l’expérience de ce jeune esthète pour l’aborder.     

 

Baudelaire avait fait l’Eloge du Maquillage. Tout autre mot dans le but de célébrer cet artifice serait donc inutile.

 

Aussi ne vais-je en faire, humblement, que la typologie et la critique. Et pour ceux qui en douteraient, je me sens légitime pour parler cosmétique.  L’un de mes talents, que j’ai, ma foi, nombreux, est de savoir être aussi perfide qu’une femme jugeant une autre femme sur son apparence : je sais, d’un coup d’œil, déceler la vallée de la ride sous le fard, le cratère de la cerne sous le fond de teint, l’imperfection sous l’artifice. Et je sais aussi en rire méchamment, intérieurement, hypocritement, sournoisement. Fémininement, donc. N’ayant cependant pas pensé seul, ayant bénéficié du précieux concours d’une personne chère du sexe fiable, experte de son état, dont je tairai le nom par respect, je ne saurai commencer sans l’avoir associé à cette étude, et lui avoir exprimé toute ma profonde gratitude.  

 

Cette introduction, sans pour me vanter, était magnifique. Il sied toutefois, pour ne point irriter les lecteurs hâtifs, de l’abréger ici. Hélas.

 

 

Corpus critique

 

Argument : Le maquillage, dit-on, est une question d’harmonie. Certes. Mais toute harmonie naît d’un assemblage qu’elle clôt et sublime, en en nivelant, en en unifiant les diverses composantes. L’erreur, fréquente chez les femmes, est de songer immédiatement, systématiquement, bêtement donc, à l’harmonie, sans accorder aux pièces de la composition l’attention singulière que chacune d’elle mérite. L’harmonie n’est pas la tyrannie du résultat, elle est l’exigence du cheminement, du raisonnement, de la cohérence construite. Le maquillage est une architecture : si sa beauté globale n’est perceptible qu’à la toute fin, il ne faut jamais oublier que chacune de ses étapes constitue en soi une beauté essentielle qui, à cet égard, mérite science, amour, étude, attention. Trop de femmes l’oublient souvent. De là naissent fatalement tant de désastres et d’horreurs sur quelques méchantes figures. Désastres et horreurs qui déchirent, accablent, détruisent, empoisonnent, l’amateur de grâces visuelles que je suis. Magnanime et superbe, le front ceint de la noble intention de secourir, humaniste, j’ai décidé de réagir. Ceci est un acte d’amour autant qu’un cri de détresse. Mal maquillées, je dis votre nom et espère, pour mon salut et le vôtre, que vous réagirez. Sinon par orgueil, au moins par sollicitude et humanité.

 

Le fond de teint : C’est la mère de toutes les tragédies, la matrice de tous les malheurs que le maquillage peut déclencher, et le Seigneur sait qu’ils sont aussi nombreux qu’épouvantables. C’est simple : l’application du fond de teint est au maquillage ce que le contrôle est au football : un acte de base fondamental : ratez-le, et c’est toute la manœuvre qui est condamnée à être fastidieuse et pénible. Il y a un endroit essentiel où il ne faut pas oublier d’en appliquer, sous peine d’échouer et d’être laide à jamais : derrière les oreilles. Et un peu à l’intérieur aussi : ça peut cacher le cérumen. Sous peine de ressembler à Rame Yade, bariolée, haute en couleurs, perdue entre deux vagues pigments, clownesque, je vous conseille, Mesdames, d’avoir le toucher élégant en maniant le fond de teint. Je ne saurai terminer sans rappeler solennellement tout ce que le fond de teint doit à la latérite terre battue du Burkina-Faso. Une minute de silence admiratif pour la terre rouge du pays des hommes intègres.

 

Le rouge à lèvres : Que l’on me permette une indignation. Le ségrégationnisme n’est pas mort : l’on s’en rend hélas compte en abordant la question du rouge à lèvres.  Quelle raison autre qu’odieuse, honteuse, innommable en effet, peut expliquer que les hautes lèvres seules aient leur instrument de maquillage, l’outil de leur mise en valeur ? Et les nobles lèvres du bas ? Que deviennent-elles, livrées à elles-mêmes, pendantes, maltraitées par quelques malhabiles et indélicats mâles ? Parce qu’elles forment les deux battants du majestueux portique de l’origine du monde, parce qu’elles sont l’objet de tant de phantasmes, de tueries, de folies humaines, parce qu’elles sont rouges, et parce qu’elles contiennent héroïquement l’odeur de poisson frais qui tend, m’a-t-on dit, à se dégager de la chose, je milite ici pour la création d’un rouge à lèvres basses. Inutile de saluer le génie et la noblesse de ma requête : la question est grave, il fallait une réponse à sa mesure : je la donne ici avec l’humilité qui sied. Ceci dit, il faut en revenir au rouge à lèvres classique. Il est bien connu qu’il ne faut pas en mettre lorsque les yeux sont trop maquillés. Mais cela, apparemment, beaucoup de sénégalaises femmes ne le comprennent pas encore. La bouche d’une femme est un fruit dont la rougeur trahit la succulence. Plus ses lèvres sont rouges, plus ce fruit semble défendu, et donc désirable. Il faut préférer la couleur rouge ou, à la limite, rosie, pour les lèvres. C’est souligner le mystère et l’attrait de cette merveilleuse partie de l’anatomie féminine. L’application du rouge à lèvres me fascine : lorsque la femme, fatale et désinvolte, achève de le mettre, et pince ensuite ses lèvres, les gonfle, les fait jouer dans une gymnastique épouvantablement belle, en vous regardant d’un œil où luit je ne sais quelle diabolique éclat, il faut s’émouvoir ou crever. Toutes les vraies femmes préfèrent le rouge pour leurs lèvres. Les autres sont des clowns. Ou des gothiques refoulées. Ou Lady Gaga.

 

Le gloss : n.m. : pâle avatar du rouge à lèvres qu’il ne pourra jamais remplacer, il paraît aux dernières nouvelles qu’il sert à donner de l’éclat aux lèvres, ou à leur donner du volume par un effet d’optique. L’entreprise est farfelue, ses motivations foireuses. A quoi sert-il, en effet, d’essayer de rajouter de l’éclat à la plus éclatante partie du visage. C’est comme poser le faisceau d’une torche sur le soleil. Le gloss est un artifice d’autant plus lamentable qu’il ne trompe plus. Le gloss est la supercherie de la supercherie. Le gloss tue. Le gloss est un attrape-nigaud. Le gloss est à bannir de la palette du maquillage. Personnellement, je préfère le baume à lèvres, ça protège au moins du froid et hydrate les lèvres. J’exècre le gloss.

 

Le mascara : Certaines femmes qui ne le sont que de nom arrivent à se foutre la tige du mascara dans l’œil. Il faut souhaiter, messieurs, ne jamais voir cela : votre déception serait supérieure à celle qui vous a saisi lorsque vous avez découvert, jeune et idéaliste, nourrissant une indéfectible foi dans la perfection, que les femmes aussi allaient aux chiottes. C’est un mythe qui s’écroule, et cela fait mal. Le mascara, donc. Eloge de la majesté du cil, l’intensité qu’il donne aux yeux défroquerait un ermite. Mais plus que d’intensité, le mascara confère de l’intelligence au regard : il arrive même à rendre intelligent l’œil crétin et avide de certaines femmes. C’est dire. Hélas, sur ces êtres hostiles à la grâce, l’effet du mascara s’estompe dès que s’ouvre leur bouche. Le mascara n’est réellement appréciable que sur une femme de classe. Il ne faut pas en mettre trop, ça alourdit la paupière, et abêtit le faciès. Conseil aux femmes : lorsque vous avez utilisé du mascara, ne fermez pas les yeux lorsque votre homme vous embrasse : faites juste battre vos cils allongés, ceux-ci le chatouilleront, il étouffera un rire. L’effet en bouche est exquis.

 

L’eye-liner : cet anglicisme est à honnir alors qu’il y a ligneur dans la langue française. Ce petit point de terminologie réglé, je ne puis que clamer mon admiration et mon émotion devant la magie et la sublime beauté que le ligneur et le crayon apportent au visage. Un regard doit être un mélange de mystère et de suggestion. Ces instruments apportent ces deux choses à la fois, et rajoutent une profondeur inégalée. Ma préférence cependant, c'est mon côté littéraire facho, va au crayon. Ô khôl, contour brun de ces yeux de biche, principe de mes émotions, étincelle de mes étincelles, flamme noire des regards enflammés, mystère de Didon, de Cléopâtre, de Néfertiti, trésor d’Egypte, je te salue amoureusement ! Le crayon a sur les peaux hâlées un effet grandiose, raison pour laquelle je vous ordonne, messieurs, de réclamer le regard d’une belle arabe avec du khôl autour des yeux sur votre lit de mort. Une étude très sérieuse que j’ai menée m’a du reste récemment révélé que Méduse en mettait chaque matin. Le mystère de son regard stupéfiant et maléfique est résolu. J’ai vu il y a quelques jours dans un bus une japonaise avait utilisé du crayon pour s’étirer le coin des yeux : cela les lui avait presque bridés. Presque.

 

L’anti-cerne : Les impudiques et les méchantes langues l’appellent « correcteur. » Toute femme doit en avoir à partir de 28 ans, âge où, le pic de beauté, déjà atteint, commence fatalement à décliner, où les crevasses se forment plus facilement et profondément autour des yeux, où, pour une seule nuit blanche, les rides se creusent sur le visage, où les joues se flétrissent.  Pour refuser de vieillir, il n’y a pas mieux. Il ne faut pas en abuser, cependant : jour où l’on n’en met pas, c’est une tragédie. Mieux vaut donc ne jamais en mettre en vivre un drame permanent que de s’y habituer et d’oublier d’en mettre un jour, et de vivre une tragédie d’un soir.

 

Le fard : Dans la hiérarchie de mes préférences quant au corps féminin, les joues figurent en très bonne place. Ces surfaces molles et adorables, réceptacles des premiers élans amoureux, méritent qu’on les célèbre. Le fard à joues, puisque c’est de lui qu’il s’agit lorsqu’il faut les célébrer, est une arme terrible de séduction : appliqué avec légèreté, rosissant légèrement les joues, il donne au visage féminin une candeur angélique, que les mâles ont souvent envie soit de protéger soit de couvrir de baisers; étalé avec un peu plus d’intensité, il révèle chez la femme l’insolente assurance de sa beauté, la provocation silencieuse de son visage intouchable, la pureté du grain de sa peau. Eve, cette avant-gardiste, mettait du fard à joues: cela me suffit pour ne pas lui en vouloir d’avoir bouffé une golden avec Adam.

 

Le fard à paupières : Inutile. Le fard à paupières est au mascara ce que le gloss est au rouge à lèvres.

 

 

La liste, évidemment, est non exhaustive. Il est un certain nombre de produits que j’ai jugés mineurs, et que je n’ai par conséquent pas traités. Je finirai juste en disant ceci : une femme qui ne sait pas se maquiller est un homme. Je m’en tiens là.

 

Prochainement sur cette question : l’univers de séduction chez les femmes sénégalaises. 

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S 16/09/2015 22:56

J'ai été franchement choquée à chaque fois que j'ai lu un texte où vous faisiez mention des femmes. Mais là c'est le ponpon. Votre condescendance et votre paternalisme à 2 sous me dégoûtent. Qui êtes vous pour vous montrer aussi péremptoire et declarer toute honte bue des inepties de cet acabit? (Vous voyez, j'utilise le même ton pédant que vous pour vous répondre. Il parait que c'est la seule langue que comprennent les beaufs )
J'avais espéré que c'était du second degré. Ça ne l'est apparemment pas. Honte sur vous.

cvdsgdhjfzk 21/05/2014 15:56

résumé

S 16/09/2015 22:57

J'ai été franchement choquée à chaque fois que j'ai lu un texte où vous faisiez mention des femmes. Mais là c'est le ponpon. Votre condescendance et votre paternalisme à 2 sous me dégoûtent. Qui êtes vous pour vous montrer aussi péremptoire et declarer toute honte bue des inepties de cet acabit? (Vous voyez, j'utilise le même ton pédant que vous pour vous répondre. Il parait que c'est la seule langue que comprennent les beaufs )
J'avais espéré que c'était du second degré. Ça ne l'est apparemment pas. Honte sur vous.