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Prolégomènes au "Mundus Muliebris", De la démarche des femmes.

30 Octobre 2012 , Rédigé par Mbougar Publié dans #Mauvaise foi et autres méchancetés...

Prolégomènes au Muliebris, Texte II : De la Démarche des Femmes, partie II.

 

La publication de la première partie de cette étude m’a valu des douleurs et des critiques.

 

 J’ai d’abord été bestialement agressé par des ivoiriennes, qui n’ont pas supporté que je les eusse classé dans la si noble catégorie des balancières. Nourries à l’atiéké, aux bananes plantains et au poulet braisé, sauvages et brutales, rudes et animales, bodybuildées, les lâches m’ont attaqué à deux. J’invoque l’infériorité numérique pour expliquer ma débâcle. De plus, elles faisaient bien, à elles deux, deux quintaux. J’ai failli mourir, j’ai été dans le coma. Je ne sais comment j’en ai réchappé. Tout ceci est d’autant plus regrettable qu’il ne s’agit que d’une affaire de démarche. La susceptibilité est un péché. Et pourtant, j’adore les ivoiriennes. Je ne peux m’empêcher de les admirer, surtout lorsqu’elles dansent quand retentissent le rythme endiablé de « Bobaaraba », ou qu’elles s’excitent et entrent en transe alors que le prophète et boucantier ivoirien Molaré délivre ses grandes vérités : « il faut faire le malin sauvagement ; il faut faire le malin à outrance. » L’amour, cet éternel malentendu…

 

J’ai ensuite reçu des objections de la part d’esprits maniaques, qui réfutaient mes chiffres sur le temps de balancement de fesses des balancières. Cela m’a meurtri. Car c’est ma déontologie et mon statut qui sont en réalité mis en doute. Le scientifique que je suis, reconnu par la prestigieuse Académie des Sciences Physiques, Chimiques, Mathématiques et Morales, n’a pas souffert qu’un travail si fastidieux, mené dans les règles de la rigueur scientifique la plus absolue, soit contesté pour ses chiffres. C’est humiliant. Je rappelle à mes contradicteurs qu’à l’époque déjà, j’avais payé de ma personne –une autre ivoirienne m’avait giflé- pour mesurer ce temps, et dresser ces chiffres. J’ai perdu mon chronomètre et une dent dans l’affaire. Que l’on puisse, suite à tous ces sacrifices et tous ces sévices, m’accuser de falsification, d’exagération, de fantasme sur les grosses fesses, d’inexactitude, d’invention de spécimens surhumains, m’est proprement insupportable. C’est du sabotage. J’ai des images, que j’ai moi-même filmées, pour corroborer mes chiffres. Elles sont sous scellé, et seront dévoilées quand l’humanité sera prête à admettre des vérités si dérangeantes mais si nécessaires. Je vous donne rendez-vous dans cinquante ans. D’ici là, je maintiens : lorsqu’elle marche, la fesse droite de la balancière reste 2 secondes et 64 centièmes en hauteur, tandis que la gauche tient le haut du pavé pendant 2 secondes et 89 centièmes.  L’Histoire tranchera par la raie; et la raie ne ment pas.

 

Ceci dit, et malgré la peur qui m’étreint les entrailles à l’idée que l’on m’agresse encore, il faut continuer. Il y a quelques autres catégories. Je serai moins disert que je ne le fus pour la partie précédente : je ne tiens pas à trahir ma couverture par une trop grande volubilité.

 

Les Miss : Il faut leur reconnaître une certaine grâce, surtout lorsque leurs jambes, qu’elles ont interminables, se croisent et se décroisent vertigineusement. Leur science du bassin et de la démarche est fondée sur une idée directrice: l’élégance du pas naît de la raideur du buste. En d’autres termes, plus ce dernier est immobile, plus le déhanché est réussi. Tout est une question d’équilibre chez ces êtres extraordinaires, qui ne veulent pas balancer des bras lorsqu’elles se meuvent. Ce tour de force ne se fait pas sans sacrifices, cependant : les plus douées parviennent, en se tenant la taille pendant la marche, à maintenir leurs bras immobiles. Mais cette technique n’est l’apanage, comme je l’ai dit, que des miss qui ont du talent. Les autres, moins douées, font dans l’extrémisme : elles se coupent les bras à coups de machettes. Plus de bras, plus de balancements de bras, plus de mouvement du buste. Froide et implacable logique. Je vous épargne les scènes morbides dont je fus le spectateur. Toutefois, ceci n’est pas le plus remarquable chez les miss et leur démarche. Il y a mieux : une miss qui marche n’est jamais parfaite que lorsqu’elle tombe. Aussi ai-je découvert que toutes les manœuvres des miss ne tendent qu’à la chute. Leurs croisements et décroisement de jambes, pour élégants qu’ils soient, ne sont à vrai dire que les germes des crocs-en-jambe qu’elles s’apprêtent à s’infliger. Et elles savent tomber, en s’arrangeant toujours, comme les chats arrivent toujours à retomber sur leurs pattes, comme les tartines retombent toujours du côté beurré, à tomber sur leur derrière. Le destin d’une miss est de tomber. Les miss sont les masochistes de la démarche féminine. Elles aiment souffrir.

 

Les cagneuses : Ce sont les incarnations humaines des araignées. Nul ne comprend réellement comment elles marchent. Elles semblent avoir huit pattes désarticulées. Et pourtant, ce qu’elles courent vite ! Deux d’entre elles m’ont poursuivi parce que j’avais ri de leur morphologie, et je ne dus mon salut qu’aux menaces que je leur fis de leur donner des béquilles, outils qu’elles détestent par-dessus tout. Puisque je ne saurai dire comment elles marchent, je vais tenter, au moins de les décrire. Les cagneuses ont plusieurs genoux, quatre au total, deux comme nous autres, et deux autres tournées vers l’intérieur. Cette singularité physique leur conférence une apparence des plus étranges : l’on a l’impression que leurs genoux –les quatre- sont liées, et que leurs jambes ont la forme d’un grand X. La conséquence de cette bizarrerie est un développement fort marqué du buste : les bras sont musclés, les seins lourds, les épaules masculines. Je m’arrête là, je ne veux m’en faire des ennemies, d’autant plus que je n’ai plus de béquilles. Toute aide pour en savoir plus sur ces femmes est la bienvenue.

 

Les culs-de-jatte : J’ai un cœur grand et noble, et je ne stigmatise ni n’exclus personne de mon étude. Je suis un humaniste : toutes les Femmes naissent égales en démarche, puis certaines ont moins de chance que d’autre. Je m’intéresse à toutes les femmes, même aux handicapées. Je dois une fière chandelle aux culs-de-jatte femmes, car figurez-vous que les béquilles qui m’avaient sauvé la vie, alors que me poursuivaient les cagneuses, m’avaient été prêtées par une de ces grandes dames. Aussi désiré-je leur rendre hommage, en décrivant leur façon de se mouvoir. Mais la chose est technique, complexe, difficile ; la traiter dans son détail clinique pourrait tourner à l’impudeur, à la nausée, à l’horreur. Je vais simplifier, et leur offrant cet aphorisme : les culs-de-jatte femmes ont la démarche la plus fluide qui soit : elles rampent. Mais les plus riches se paient le luxe d’un pousse-pousse ou de béquilles. 

 

Les chamelles : Comme leur nom l’indique, elles vont l’amble. Ne me demandez pas comment cela se fait : c’est un mystère de la nature. Leurs deux jambes –à moins qu’elles n’en aient quatre- se meuvent en même temps, leurs deux talons se soulèvent et se reposent en même temps. Ne croyez pas qu’elles sautent. Elles ne sautent pas, elles marchent.

 

Il est temps pour moi d’arrêter cette étude et de fuir. J’entends, de la cave misérable d’où j’écris ces mots qui pourraient être mes derniers, une meute d’ivoiriennes cagneuses (la combinaison est épouvantable) qui me veut du mal. Elles m’ont trouvé. Si je leur échappe, je vous parlerai la prochaine fois, toujours dans le cadre des Prolégomènes au Mundus Muliebris, d’un autre sujet épineux : les chevelures de femmes. Adieu.

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Line 27/12/2014 07:39

Après cette prestigieuse étude sur la démarche des femmes, quid de la chevelure ? On est à l'agonie pour nous avoir laissé sur notre soif