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Draguer, Charmer, Séduire. (Acte I)

6 Février 2011 , Rédigé par M.M.S. Publié dans #Mauvaise foi et autres méchancetés...

   Tous trois sont détestables ! Préférez-leur la simplicité, la vérité et le bonheur d’« aimer. »

   Mais comme il faut toujours choisir, et qu’aimer est un élan imbécile, car inexplicable, donc malvenu dans ce monde cartésien qui ne veut plus rêver et veut tout comprendre au prisme des lumières critiques du logos (oui, j’unis la forme et le fond dans la complexité !), je vais tenter ici, sans ironie, de dresser les différences (et donc les spécificités), ainsi que les lignes de démarcation entre ces trois verbes et ces trois attitudes. Bien sûr, c’est complètement subjectif. Et bien sûr, même si j’emploie souvent le mot et les personnes qui s’y rapportent, ainsi que leurs qualificatifs au masculin, cette étude scientifique s’adresse autant aux hommes qu’aux femmes.

  Draguer. La chose est bien crétine. Pourtant, elle est plus répandue que ces deux autres rivales. Est-ce à dire que le sordide univers des affaires de cœur ne soit peuplé que de crétin(e)s ?  Allons ! Ne me faites pas dire ce que je n’ai fait qu’entrevoir en pensée n'ose penser.

  Le plus souvent, cet exercice, la drague donc, n’a d’autre fin qu’utilitaire. On drague par égoïsme ; soit pour se sentir moins seul, soit pour se prouver, ou prouver à d’autres, que l’on peut « se la/le taper », soit parce que l’on n’a besoin que de satisfaire un désir inavouable. Il reste en tout cas que dans la drague, l’autre est réduit au rang de moyen. Il/Elle n’a pas de visage, ni d’identité (je hais ce mot, mais vous comprenez), si ce n’est ceux d’intermédiaire anonyme vers…soi-même. Car oui : quand on drague, c’est toujours soi-même que l’on drague, d’une certaine manière.

   Là est la misère. Ici est le malheur.

   On se flatte. On teste sa rhétorique (car ce n’est que cela !).On s’enorgueillit. On s’infatue. Tout cela me semble tristement vide, ma foi. Il n’y a pour ainsi dire dans cet exercice aucune profondeur. L’enjeu est soi-même. La poule pond. Le dragueur drague. La tension amoureuse vers l’autre est escamotée, remplacée par une tension vers soi, au détour de l’aval sans valeur d’autrui. Tous les dragueurs sont des Narcisse. Il faut voir ces hommes et ces femmes, guindés, ridicules, sortir de longs discours remplis de vides, sans teneur. Finalement, je me demande quelle est, d’entre la personne qui drague et celle qui se fait draguer, la plus intelligente, ou plutôt, puisque tout dans ce rapport procède par le bas, la moins stupide. Il m’est d’avis que les personnes qui draguent restent malgré tout imbattables dans la misère de la pensée, car l’on peut accepter la demande d’un dragueur juste pour avoir le loisir de la voir continuer à se débattre dans le spectacle irrésistiblement hilarant de la bêtise humaine.

   J’oubliais : il y a dans cet exercice trois constantes, trois règles. La première, que la drague est un art du temps réduit: le bon dragueur drague vite, entre quelques heures et deux jours maximum, sinon l’échec est cuisant. La seconde, que le dragueur n’a justement jamais d’échec. En effet, pour cet être surpuissant, tout est toujours de la faute de l’autre, ce con, cette conne, cet inconscient, cette folle, qui n’a pas su saisir la chance de sa vie : lui ! Un dragueur ne perd jamais dans sa croisade, il ne revient jamais bredouille, ou sinon, c’est parce que l’autre n’a pas refusé (non, non, jamais !), mais fui devant son talent et son assurance.

  Savez-vous, dragueurs, pourquoi je vous adore et vous respecte, malgré tout ? Parce que vous incarnez la vanité humaine dans tout ce qu’elle a de plus sublime : le refus de la défaite. Sauf que l’adversaire, c’est le vent. Vous êtes les Don Quichotte de notre temps. Les Templiers de ces heures sombres. Des magnifiques pour l’Eternité. Des Immortels. C’est bien assez pour que je vous admire.

  Que les dragueurs et dragueuses, même s’ils n’accepteront jamais qu’ils en sont, (troisième caractéristique, que je vous livre ici) qui lisent ceci me pardonnent. C’était de l’humour. Evidemment.

Au prochain épisode : Le Charme et les charmeurs. 

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mr chat 17/06/2015 01:22

j'ai lu les trois actes , très bon texte, vraiment.
je pense que les frontières entre le trois sont asser mince, et relatif on possède une partie de chacun en nous .
un peut comme Corto Maltese.


merci pour ces trois actes de réflexion.

mr chat 17/06/2015 01:27

zibre...... -___- M.M.S m'intrigue , t'es dans qu'elle categorie ?

timioute 28/01/2014 19:48

je suis séduite devrais je dire!!!!!!

Isseu Fall Sylla 07/02/2011 23:42


Tu ecris diaboliquement bien!


Matt matt 06/02/2011 19:29


Aussi...mais l'important est le mouvement non, pas la destination :)


M.M.S. 06/02/2011 18:37


Ou vers les ombres, mon cher Mr Dumetz, vers les ombres... =)