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Brèves de Concours... (suite 2)

25 Avril 2011 , Rédigé par M.M.S. Publié dans #Solipsismes

     Vendredi 22 Avril 2011. Concours de l'E.N.S. de Lyon, jour III. Epreuve d'Histoire. 

     Ce fut une rigolade, un cirque dont la plupart d’entre nous étaient, à la fois, les spectateurs et les clowns. J’ai ri de moi-même de longues minutes.

     Je dis « nous ». Non pas que je veuille généraliser la détresse qui s’est emparée de moi lorsque je lus le sujet, mais juste que par ce « nous », j’entends surtout mes camarades de Khâgne du Lycée Pierre d’Ailly. Je vais expliquer pourquoi. Mais d’abord, le sujet :

Le travail des femmes du début du XIXème siècle à la fin de la seconde guerre mondiale.

     Par la malemort. J’ai d’abord failli pleurer. Puis j’ai ri jaune. L’idée m’a même traversé l’esprit de « finir » au bout de deux heures. Mais je me suis dit que toutes les souffrances infernales de ces deux années méritaient salaire. Je suis donc resté. Six heures de temps, comme d’habitude, à essayer de me battre avec un sujet sur lequel, je le dis bien franchement, je ne savais pas grand-chose.

     En lui-même, il était plutôt classique. Potentiel. Presque prévisible, bien qu’avec ces gens-là, rien ne le soit. C’était le dernier thème que nous avions abordé avant le concours. On a bien fait un cours sur le travail des femmes, un cours de trois heures, à la veille des quelques jours de repos qui précédaient immédiatement le concours. Une chance ? Non. La pire des infortunes, en ce qui me concerne : mon esprit fatigué était déjà au soleil, et je n’ai pas du tout révisé ce cours. Je crois ne pas mentir en disant que mes camarades étaient à peu près dans le même cas. Mais ce n’est point une excuse: ce sont les aléas d'un tel concours. Comment ai-je pu rester six heures alors ? Je ne sais pas. Tout ce que j'ai écrit, dix-sept pages, je l'ai fait de mémoire. Fichtre et diantre ! Je m’étonne parfois. Et surtout, que personne ne me demande ce que j’ai écrit, dans ce cas. Je ne le sais moi-même pas exactement. Des choses secrètes. Vous avez dit Olympe de Gourdes ? De Gouges ? De Courges ?

     Bien entendu, ultime pied de nez à mon faciès déjà en décomposition, l’inévitable mention en italique : « l’usage de la calculatrice etc. » Cette fois-ci, je ne me suis pas retenu, je l’ai triturée, rayée, barrée rageusement. Je me suis acharné contre la stupide phrase. Bien fait pour elle : elle n’avait qu’à pas être stupide. Cela m’a calmé un temps. Ensuite, le retour à la réalité et au sujet fut brutal.

Ce fut mon instant épique. Voici mon hymne :

     « Sans autre issue que celle d’écrire, désespéré mais courageux, le front ridé mais altier, maudit des dieux, martyr éternel, solitaire et silencieux, ‘’le Ténébreux, - le Veuf, - l’Inconsolé,’’ s’est penché, s’engageant sans peur dans le fracas des boucliers se brisant, malgré la clameur des cris des nombreux défaits, sous un soleil rouge...  Il était armé de son stylo. »

Bref. Une épreuve à oublier au plus vite… 

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M.M.S. 10/05/2011 01:50


Gloups! j'espère pour moi sinon je suis cuit... Et de toutes façons, je suis cuit...


Pangloss 08/05/2011 09:56


Quelqu'un qui écrit aussi bien n'a pas besoin de calculatrice.


M.M.S. 28/04/2011 21:59


1) Merci bien,mystérieux SG... J'espère que vous continuerez à faire un petit tour par ici de temps en temps

2)Pour sûr, ma Lulu, que je suis dans le "vrai" =) Tout le monde devrait faire ses petites "brèves"... Ce serait drôle!!

3)Lol! Dieu t'entende, Isseu... Dieu t'entende, parce que là, ça ne va pas du tout!! L'année prochaine, c'est toi!! =)


Isseu Fall Sylla 26/04/2011 17:07


Mdr...ca va aller tkt ;)


Lucie Vecchi 25/04/2011 15:09


Excellent Momo, tout simplement =) Tu es sacrément dans le "vrai" !