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Première fois.

28 Avril 2014 , Rédigé par Mbougar

J’ai éprouvé -authentiquement éprouvé : vu, touché, senti, goûté- la beauté du corps féminin nu à un âge assez jeune ; beaucoup plus tôt, en tout cas, que la plupart des adolescents sénégalais, qui, jusqu’à ce qu’ils parviennent, au bout d’alambiquées et laborieuses entreprises, à trouver une femme qui acceptât de les initier aux extases interdites de la volupté, n’en avaient jamais entendu parler que par ouï-dire. Car l’amour charnel, au Sénégal, n’est d’abord jamais qu’écouté. Adolescent, alors que les érections commencent à peine à gagner en fierté et en assurance, et que la seule démarche d’une femme suffit déjà à les provoquer, l’on écoute, suspendu à leurs lèvres, les récits que les « grands » du quartier, ou quelques camarades supposés plus âgés et plus expérimentés, font de leurs prouesses sexuelles avec force détails, enseignements techniques, précisions diverses sur la durée du coït, la tonalité du gémissement de la partenaire –si majeur, ut mineur, etc. Qu’importaient alors, pour les jeunes auditeurs de ces récits, que ces derniers fussent prodigieusement exagérés, surfaits, humainement et techniquement impossibles, mensongers, enfin, douteux ! L’essentiel était évidemment ailleurs pour eux : dans ce pays où l’éducation sexuelle, par pudeur ou honte, n’est jamais ou trop rarement alors faite par les parents, bénéficier de témoignages et de conseils sur la chose tient de l’aubaine. Avant leur propre découverte du plaisir, les jeunes sénégalais le vivent par procuration, assouvissant, dans les narrations dont on les abreuve, le fantasme que le corps féminin, inaccessible encore, gorge pourtant de plus en plus.

Je n’ai pas été à cette école. Ou du moins, je n’ai pas été trop longtemps dupe de ses leçons : si mon imagination, comme celle des autres, avait vite fait de succomber au violent charme de ces récits fabuleux, elle a cependant, fort vite, éprouvé un besoin de vérité ; vérité, d’abord, du corps féminin, et vérité, ensuite de sa douceur prétendue. Car je trouvais que les narrations que l’on me faisait étaient fondées sur un paradoxe qui m’intriguait : elles parvenaient certes à me faire éprouver des transports que j’aurais trop honte de relater ici, mais dans leur évocation du corps féminin, il y avait quelque chose qui manquait de cohérence : d’un côté, ce corps était décrit comme l’essence même de la beauté et de la douceur, mais de l’autre, sans qu’aucune transition ne fut décrite, ce corps devenait brutal, sauvage, frénétique, assoiffé de plaisirs que les conteurs, évidemment, parvenaient toujours à procurer avec une déconcertante aisance. A l’esprit délicat que j’étais alors, cela ne convenait pas. J’avais trop rêvé les femmes dans leur éclatante robe de douceur pour que des récits obscènes, préoccupés davantage de flatter leur auteur plutôt que de nous parler du corps féminin, me les gâchassent avec leurs incohérences et leur propension à la brutalité. Les femmes, dans un réflexe absurde et sexiste peut-être, mais que dictait une forme de candeur seule, je les voulais douces, je les rêvais douces ; et dans l’acte même de l’amour charnel, je ne pouvais les imaginer autrement qu’en prêtresses merveilleuses et éthérées. A vrai dire, je n’avais qu’un grand problème : je trouvais les récits qu’on me faisait impudiques. Je ne les écoutai plus dès lors, et commençai de chercher ma voie propre pour connaître les femmes. La fortune ne me laissa pas longtemps à mes questions, et pourvut bien vite à la satisfaction de ma curiosité. De la plus grandiose des manières.

J’avais 16 ans, peut-être 17, enfin, c’était l’âge où l’amour nous découvre. Et j’ose soutenir que ma première vision, ma première épreuve du corps d’une femme fut, au sens étymologique, apocalyptique. J’y ai reçu, en effet, une révélation : celle d’un bonheur plus grand encore que dans mes fantasmes les plus fous. J’éprouvai, lors de cette initiation, toutes les succulences d’un corps jusque-là fantasmé, interdit, lointain, intouchable ; j’y sentis, avec une puissance et un plaisir autrement supérieurs à ceux que me procuraient les récits des autres, les émois d’un moment privilégié, sublime, d’une douceur infinie et d’une intensité divine cependant. Cela dura quelques secondes ; on me le pardonnera, j’étais jeune. Mais ces secondes furent les plus célestes de ma jeune existence. Elles durèrent le temps que dure la lecture d’une scène de roman, et d’une phrase en particulier :

« Une fois, au milieu du jour, en pleine campagne, au moment où le soleil dardait le plus fort contre les vieilles lanternes argentées, une main nue passa sous les petits rideaux de toile jaune, et jeta les déchirures de papier, qui se dispersèrent au vent et s’abattirent plus loin comme des papillons blancs, sur un champ de trèfles rouges tout en fleur. »

J’ai vu le corps le corps féminin, et ses beautés, et ses joies, et ses délices infernales, et ses voluptés, à travers un autre récit. Cette main nue, celle d’Emma Bovary, dépassant du fiacre où elle céda au désir en s’offrant à Léon, m’en montra et m’en dit beaucoup plus que les plus détaillés des récits que l’on m’avait faits jusqu’alors. Cette main dont le gant, dans la fièvre de l’amour, avait été enlevé, et qui éparpillait les morceaux d’une lettre qui évoquait un renoncement aux choses interdites de l’amour, a donné à ma jeune imagination matière aux plus fous élans. J’ai connu l’amour en lisant la fameuse « scène du fiacre ». J’ai vu le corps féminin dans sa plus vraie peinture et sa plus vivante expression en lisant Flaubert. Qui se vantera d’avoir eu meilleur maître ? En ne me disant rien de la chose dans une scène qui s’étale pourtant sur près de quatre pages, en ne montrant d’une nudité suggérée qu’une main, en faisant tenir l’intensité de l’amour et le désir assouvi dans une phrase, en me forçant à voir par moi-même, et naturellement, ce qu’il ne mentionne pourtant jamais, Flaubert venait de me faire voir, mieux, comprendre ce qu’était l’amour et la nudité du corps féminin. Et je les vis. Et je les compris. Et j’y crus. La réalité, épaisse, touffue, compliquée, s’éclairait soudain d’un jour éclatant et limpide, que la fiction lui portait.

La Littérature, c’est ça.

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Réflexions sur la fièvre.

16 Avril 2014 , Rédigé par Mbougar

Ca a été brutal, rapide, foudroyant. Au réveil, c’était là. La nuit pourtant, comme la veille, avait été tranquille et agréable. Sortie, dîner avec la chérie. J’avais eu un peu froid dans la soirée, mais pas plus que n’importe quel autre, je crois, que piège une journée de printemps. Rien n’annonçait une quelconque maladie. Et pourtant, au réveil, c’était là, déjà aux prises avec mon corps. Sans sommations. Sans avertissements. Sans signes avant-coureurs. Sans symptômes.

*

Mais qu’est-ce vraiment, en fin de compte, qu’un symptôme ? Ce qui annonce ou ce qui confirme la maladie ? Ce qui dit que la maladie arrive et peut être évitée ou ce qui apprend qu’elle est déjà là, inéluctable? Je ne suis plus sûr de savoir.

*

A propos des symptômes, encore. L’on peut dire à quel moment à peu près la fièvre disparaît, mais saura-t-on jamais situer le moment où vraiment elle commence ? On ne semble prendre conscience et reconnaître ses symptômes que toujours trop tard, lorsqu’elle a déjà commencé à nous mettre à terre. Peut-il d’ailleurs en être autrement ? Si on les reconnaissait avant, la fièvre sans doute ne serait jamais advenue avec tant de force. Les symptômes de la fièvre, au fond, n’annoncent pas l’arrivée prochaine de la maladie ; ils en sont plutôt le fatal signe. Les symptômes de la fièvre, c’est la fièvre elle-même.

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J’assiste, impuissant, spectateur et narrateur (mais quel type de narrateur ? Homodiégétique ? Hétérodiégétique ? Quel est mon point de vue ? D’où est-ce que je parle : du cœur même de la bataille ou d’un promontoire ?), au combat de mon corps contre la fièvre qui lentement veut en faire le siège. Insupportable sentiment : j’ai conscience d’être le foyer d’une lutte dont dépend ma santé, mais, étant ainsi concerné au premier chef, je ne puis pourtant rien faire pour mon salut. La maladie affaiblit moins le corps que le contrôle que l’on a sur lui ; de là, peut-être, naît ce sentiment de honte dont le malade ne se déprend qu’à la guérison. Fièvre : dépossession de soi, expulsion lente et inéluctable de soi-même par une force extérieure. Le corps redevient une enveloppe, la volonté qui l’habitait et le mouvait s’amenuise, il est livré à lui-même et fait parade. J’ai envie de croire à la fidélité de mon corps, à sa solidarité avec moi, à sa loyauté envers moi. Mais je me trompe : il ne me défend pas, il se défend. La fièvre parvient à me faire penser que je ne suis plus mon corps. C’est peut-être là sa victoire décisive. Mais je n’ai pas le temps d’y penser longtemps : il faut que le corps gagne. Je me surprends à le supporter, à le soutenir. La lutte continue.

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Le corps a perdu –je le savais, qu’il finirait par perdre. La lutte a été brève : à peine quelques heures. En début d’après-midi, le siège était fait et la fièvre était là.

*

Les premières heures sont celles des refus. Refus de s’allonger et de demeurer apathique. Refus du caractère exceptionnel de la maladie. Je cherche à la banaliser, à ne prêter attention ni à ces douloureux élancements qui fulgurent dans mon crâne, ni à ce froid qui envahit mon corps qui pourtant est brûlant. Je fais quelques courses, cuisine, prends une douche, mange, écris, lis. Cette petite résistance hypocrite (hypocrite, car je sais que je me mens) dure un moment ; puis, presque naturellement, j’abdique, et me résigne à mon sort. J’accepte que je suis malade et qu’il ne sert à rien de faire semblant d’être bien portant. Etrangement, tandis que je me mets dans la posture du malade (je m’allonge, le corps recouvert d’une grande couette), me vient à l’esprit que tout ce qui arrive est dans l’ordre des choses, et qu’il faut bien que l’on tombe malade quelques fois.

*

Quelques heures plus tard, tandis que ma tête subit déflagration sur déflagration, assaut sur assaut, et que mon corps tremble, je ne puis m’empêcher de rire de moi-même. Je me vois petit, faible, battu, retranché derrière l’illusoire protection d’une couette, grimaçant, suant… Il faut bien admettre que tout ceci a quelque chose de foncièrement ridicule. La chérie, qui se démultiplie pour prendre soin de moi, perçoit-elle le comique de ma situation ? Je ne lis qu’inquiétude et tristesse sur son visage. Et elle a raison. Il faut être inquiet et triste, la situation s’y prête assez bien. Alors je joue le jeu. Je joue à être malade, bien que je le sois vraiment, du reste. Je n’en rajoute pas, mais simplement, je m’évertue à coïncider de mon mieux avec l’image sociale de la maladie. Ce qui n’empêche pas que, de temps à autre, je dise un mot qui nous fasse rire et presque oublier que la fièvre est présente.

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En parlant d’image sociale de la maladie, peut-on expliquer pourquoi presque tous les malades haïssent le moment de la prise de médicaments ? Comment expliquer que l’on haïsse ce qui est censé nous sauver ? En attendant de trouver une réponse à cela, je fais comme tous les malades lorsqu’il s’agit de prendre des médicaments : je grimace pour bien faire comprendre leur amertume, et l’effort que je fais pour les prendre.

*

Toutes ces courbatures, toutes ces envies de vomir, le martèlement furieux qui secoue ma tête, tous ces tremblements, toute cette apathie, cette immobilité forcée, me font sentir plus humain. Forcé de faire preuve de patience, je sens, authentiquement, dans toutes ses parcelles, mon corps qui souffre et ne peut rien faire qu’attendre. Et c’est dans cette attente contrainte, du fond de la fièvre, que j’arrive parfois, subrepticement, à éprouver un obscur plaisir – celui que je tire de l’écoute de mon corps affaibli, et qui me tient le langage de l’affaiblissement. Est-ce du masochisme ?

*

Toujours essayer de faire de la maladie une expérience –une experientia, une épreuve. C’est-à-dire une initiation. Ne pas se contenter, si on le peut, de subir la maladie, mais chercher aussi à l’accompagner toujours, pour mieux se comprendre et mieux faire attention à la parole du corps.

*

La nuit dernière, au plus fort de la fièvre, j’ai déliré. J’étais un arc tendu, et il fallait, pour que la douleur soit stable, que je demeurasse tendu. Tout mouvement que j’effectuais vrillait le fil, et ranimait la douleur. J’ai passé toute la nuit ainsi, à tenter, entre sommeil, rêves, délires, de rester immobile, afin que la corde soit toujours tendue, et que la fièvre ne s’exprime pas dans toute sa violence.

*

Il est temps, maintenant, que je retourne dormir. Ca va mieux, mais il faut dormir encore. J’espère délirer de nouveau.

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De quelle partition Thiago Motta est-il le nom?

10 Avril 2014 , Rédigé par Mbougar

Thiago Motta a tout pour me déplaire. D’abord, il a été formé à Barcelone –à ce propos, je ne me lasserai jamais de revoir ce but de Ronaldo, en 2005, où Motta, alors blaugrana, se claque la cuisse sur une fulgurante accélération, qui finira par un but, du brésilien. Ensuite, Motta, sur le terrain, est un formidable glorious bastard, rivalisant largement, s’il ne les surpasse en filsdeputerie, avec Luis Suàrez et Sergio Busquets. Et, enfin, quoi, il faut le faire, Thiago Motta est italien. D’une nonchalance qui ne m’exaspère que chez lui. « Omai convien che tu cosi ti spoltre… »

Mais ce type est splendide. Balle au pied, c’est un miracle ; sans ballon, c’est un prodige. L’une des rares soirées qui m’a vu supporter le PSG a pris l’allure d’un cauchemar –du moins, pour ce qui est du fond, c’est-à-dire du résultat. Voir Chelsea, avec cet apparent manque de génie collectif, cette médiocrité perpétuelle dans la production du jeu, passer, voir Mourinho, avec cette vulgarité qui le singularise, faire encore taire ses détracteurs (dont je suis) par son intelligence tactique, assister à la chute du PSG, regarder Laurent Blanc, tactiquement apathique, machouiller bêtement sa touillette, et Lucas, s’empêtrer progressivement dans les rets londoniens, et Cavani, El Matador, ne rien tuer que son propre talent, s’auto-toréer dans le vide (« est-ce que ce monde est sérieux ? »), a été insupportable. Mais dans l’obscurité de ce ciel, une étoile ; dans la tempête et le cauchemar de cette nuit, l’étoffe d’un rêve. « … such stuff as dreams are made on…”: le pied gauche de Blaise Matui Thiago Motta.

Inutile que je m’attarde sur le caractère crucial de sa présence au cœur du jeu de Paris, sur son profil, complémentaire, à la perfection, avec celui de Verratti et de Blaise, sur son intelligence tactique, sur son importance sur les coups de pieds arrêtés. Non, je veux qu’on en revienne à l’essentiel ici : au génie technique. Je veux dire : au pied gauche.

Deux actions.

Première mi-temps : dégagement, il me semble, de Willian, sur un ballon perdu par Lucas. Grande balle en cloche, forte, que 90% des joueurs auraient renvoyée de la tête, sans se poser de questions. A la réception, Motta. Autour de lui, à un mètre ou deux, Eto’o et Schürrle font semblant de le presser, qui croyaient sans doute qu’il dégagerait. Que croyez-vous que Motta fit ? Il contrôla, simplement. Non de la poitrine. Mais de l’intérieur du pied gauche. Je ne sais pas si l’on imagine ce qu’il faut d’aisance technique pour, au milieu d’adversaires, maîtriser un ballon dégagé avec force du cou-de-pied (ça s’écrit ainsi), et retombant vite. Motta contrôla ; et le temps que ses deux adversaires se remissent de leur stupéfaction et le pressassent davantage, le ballon était déjà dans une zone moins exposée, et Motta, ailleurs. Contrôle. Passe. Mouvement.

92e minute : Chelsea venait de mettre le deuxième but. Le PSG se jetait à l’avant avec, comme on dit, l’énergie du désespoir. Corner. Motta tire. Le ballon est renvoyé. Maxwell récupère. Comme des meurt-de-faim, les joueurs de Chelsea, tous repliés, sortent sur le brésilien, qui n’a d’autre choix que d’adresser une passe pourrie à Motta, près de la ligne de touche. Motta récupère. La meute déjà l’entoure. Quatre maillots bleus l’encerclent, l’harcèlent. Il contrôle. Une touche pour se libérer une seconde de la quadruple pression. Puis, alors que cette dernière s’abattait, déséquilibré, Motta réussit à glisser le ballon entre ces huit jambes, pour retrouver Maxwell, libre, à l’entrée de la surface. Cette passe, précise, à terre, dans le bon tempo, a été effectuée avec une maîtrise et une sérénité impressionnantes. Dans ces conditions (fin de match, pression insoutenable, atmosphère, spectre de l’élimination) combien sont-ils qui n’eussent pas immédiatement, à l’aveugle, mis la balle dans la boîte, après la passe de Maxwell ? Bien peu. Parmi eux, Motta.

Mais surtout, surtout messieurs, mesdames, ce qui me ravit chez ce joueur, c’est sa volonté obstinée de ne jamais garder le ballon plus de 5 secondes. Que l’on calcule. Que, pour une fois, les stats célèbrent la technique, le jeu, le mouvement. Je suis certain d’avoir raison. Thiago Motta, c’est trois touches maximum –et encore faut-il que les autres ne lui proposent rien pour qu’il garde le cuir si longtemps. C’est ce perfectionniste dont l’obsession n’est pas de retoucher toujours, mais de parfaire la première touche afin de n’être pas obligé de la redoubler. Par ce renversement des codes du perfectionnisme qu’il effectue, Motta devient un esthète de l’instantané, dont le geste ultime, celui en lequel il condense tout son génie, est la remise.

Le pied gauche de Motta est une partition qui se décline en une centaine de temps, mais brefs, insaisissables, et dont l’ensemble imprime une puissance et un rythme d’une exquise perfection. Motta est un éloge de la touche. Motta est un éloge du mouvement. Motta est un éloge de la virtuosité, de la rapidité d’exécution. Motta est un éloge de la fuite. Il touche et fuit.

La touche et la fuite. Toccata et fugue. Bach. Motta.

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